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Togo / La COFET et ses partenaires valident en atelier l'étude sur le genre, la transition énergétique et l’économie verte au Togo
IMPACT ACTU
5/1/20264 min read
La question de l’inclusion des femmes dans la transition énergétique au Togo était au centre d’un atelier de validation organisé le 30 avril 2026 à Lomé autour d’une étude stratégique consacrée au genre et à l’économie verte.
Portée par la Coordination des Organisations Féminines du Togo, COFET, chef de file d’un consortium composé des associations CLEF, FELEADEC et CDF, cette initiative appuyée financièrement par WACSI, s’inscrit dans le programme FAME de l’AFD.
L’étude fait partie intégrante du projet : “Plaidoyer pour l’intégration effective du genre dans les politiques publiques énergétiques et l’économie verte au Togo.”
L’objectif de cette étude est de disposer de données de référence capables d’orienter les décisions publiques et de renforcer les actions de plaidoyer en faveur d’une transition énergétique plus inclusive.
Une étude pour documenter les réalités du terrain
Réalisée à travers des enquêtes de terrain, des entretiens institutionnels et des consultations communautaires, l’étude analyse la prise en compte du genre dans les politiques énergétiques nationales ainsi que les obstacles auxquels les femmes restent confrontées dans l’accès aux opportunités liées à l’économie verte.
Selon les données présentées, le Togo a enregistré des avancées importantes ces dernières années en matière d’accès à l’électricité. Le taux de couverture énergétique est passé d’environ 30 % à près de 60 à 70 %. Malgré cette progression, près de 70 % des ménages demeurent dépendants des combustibles traditionnels, notamment du bois-énergie.


Une situation qui affecte principalement les femmes.
Dans les ménages, elles jouent un rôle central dans l’utilisation et la gestion quotidienne de l’énergie. Collecte du bois, cuisson, transformation agroalimentaire, petit commerce : les femmes assurent une grande partie des activités liées à l’énergie domestique et aux revenus informels.
Pourtant, leur contribution reste peu valorisée dans les politiques publiques et les chaînes économiques formelles.


Selon M. WUSSU Koku Mawulolo, consultant du projet, "les résultats validés de l’étude serviront à un plaidoyer auprès de six ministères et des partenaires techniques et financiers, en vue d’une meilleure prise en charge de la transition énergétique dans les politiques publiques."
Des obstacles structurels toujours présents
L’étude met également en évidence plusieurs contraintes qui limitent l’accès des femmes aux opportunités de la transition énergétique.
Parmi elles figurent les difficultés d’accès au financement, le coût élevé des technologies modernes, le manque d’information sur les innovations énergétiques, mais aussi le poids des normes sociales et des charges domestiques.
Les chiffres présentés révèlent que seules 20 à 25 % des femmes accèdent au crédit formel, freinant ainsi leur capacité à investir dans des solutions énergétiques modernes ou dans des activités économiques vertes.
Autre constat : les femmes consacrent jusqu’à trois à cinq fois plus de temps que les hommes aux tâches domestiques et reproductives, réduisant leur disponibilité pour les formations, les activités économiques ou les espaces de décision.
L’étude souligne par ailleurs une faible représentation des femmes dans les sphères décisionnelles du secteur énergétique. En 2026, elles occupent environ 18 à 19 % des sièges à l’Assemblée nationale et un peu plus de 23 % des postes dans l’administration publique, avec une présence encore plus limitée dans les secteurs techniques.
Un décalage entre les engagements et la réalité
Malgré l’existence de plusieurs politiques et programmes intégrant la dimension genre, l’étude note un écart important entre les engagements institutionnels et leur mise en œuvre effective.
Les politiques énergétiques demeurent majoritairement centrées sur les aspects techniques, avec une faible prise en compte des réalités différenciées entre les femmes et les hommes.
Pour les initiateurs, le défi consiste désormais à faire du genre un véritable levier de performance dans la transition énergétique, et non une simple exigence institutionnelle.
Pour Mme LOGOSSOU TEKO Paula, Directrice exécutive de CLEF, Lla question de la transition énergétique est une urgence et mérite une attention particulière. Il urge, entre autres, de mettre en place un fonds autonome et décentralisé pour soutenir l’implication des femmes dans le développement durable”.


Des recommandations pour une transition énergétique plus inclusive
À l’issue des travaux, plusieurs recommandations ont été formulées. Elles portent notamment sur le renforcement du cadre institutionnel du genre, l’amélioration de l’accès des femmes aux financements verts, le développement des compétences techniques féminines et une meilleure représentativité des femmes dans les instances de décision.
L’étude recommande également une budgétisation sensible au genre ainsi qu’une territorialisation des politiques énergétiques afin de mieux prendre en compte les réalités locales.
Pour la représentante du Ministère des Solidarités, du Genre, de la Famille et de la Protection de l’Enfance, “Ce projet est une priorité pour notre ministère, qui soutient pleinement son aboutissement. Nous sommes convaincus que la transition énergétique ne sera une réussite que si les femmes y participent activement.”


Un plan d’action de plaidoyer a été élaboré dans cette dynamique pour permettre aux différents acteurs ( pouvoirs publics, collectivités territoriales, institutions financières et organisations de la société civile) de traduire ces recommandations en actions concrètes.
La validation du document final marque ainsi une nouvelle étape dans les efforts visant à construire une transition énergétique plus équitable au Togo.
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